Le ''Plateau spécial'' consacré jeudi aux responsabilités et perspectives pour sauver l’école gabonaise a aussi levé le voile sur l’impossibilité d’une "régularisation massive et immédiate" des situations administratives des enseignants.
Face aux attentes, le gouvernement invoque d’abord une contrainte budgétaire. La masse salariale de l’État s’élève déjà à 959,7 milliards de FCFA, un niveau jugé incompatible avec toute décision hors cadrage. Régulariser en bloc les 27 000 agents de l’Éducation nationale reviendrait, selon l’Exécutif, à créer un déséquilibre financier durable, difficilement soutenable pour les finances publiques.
À cette contrainte s’ajoute une réalité administrative souvent ignorée : la Fonction publique doit gérer près de 59 000 dossiers avec environ 300 agents, dans des conditions matérielles limitées.
Dans ce contexte, l’État privilégie une approche progressive afin de garantir sa maîtrise et sa conformité aux règles en vigueur. La loi de finances 2026 prévoyant déjà la régularisation de 12 000 situations, dont 4 000 enseignants, avec une première vague attendue dès le 25 février, pour un coût de 16 milliards de FCFA pour l’Éducation. Le reste devant s’étaler jusqu’à décembre 2026.
Pour le gouvernement, il ne s’agit donc pas d’un refus, mais d’un arbitrage entre urgence sociale, capacité administrative et soutenabilité budgétaire, au nom de la stabilité de l’État et de la préservation de l’école.
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