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Drame à Ntoum : quand la folie, la faim et l'abandon tuent

Drame à Ntoum

Un fait divers d’une violence extrême, survenu dans la commune de Ntoum est venu glacer la toile cette semaine. Un jeune homme souffrant de troubles mentaux a tué sa mère. Le mobile évoqué par les premiers témoignages : de la nourriture. Mais derrière l’horreur de l’acte, c’est tout un système qui est mis à nu.

Selon les informations recueillies sur place, le jeune homme, connu dans le quartier pour ses troubles psychiatriques, vivait avec sa famille. Dans un moment de crise, il aurait ôté la vie à sa propre mère.

Le motif avancé fait froid dans le dos : réclamer à manger. Au-delà du geste, c’est le cri de détresse d’une famille laissée seule face à la maladie mentale qui résonne. Mais où est donc la société ? Trois raisons principales. L’abandon des malades mentaux. Combien de "fous du quartier" vivent ainsi, sans suivi médical, sans traitement, sans structure d’accueil ?

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Au Gabon, les centres psychiatriques sont rares, et souvent inaccessibles pour les familles les plus démunies. À Ntoum comme ailleurs, la famille devient le seul "hôpital". Jusqu’à ce qu’elle craque. La pauvreté qui tue. Tuer pour de la nourriture. Cette phrase résume l’échec. Quand la précarité pousse une mère à tout donner à son enfant malade, et que cet enfant, dans sa souffrance, réclame encore plus, la tragédie devient inévitable. La faim n’excuse rien. Mais elle explique beaucoup.

L’indifférence collective. Tout le monde "savait" que le jeune homme était malade. Les voisins, le quartier, les autorités locales. Mais qui a agi ? Qui a proposé une aide, une prise en charge, une orientation ? Trop souvent, on détourne le regard jusqu’au jour où le pire arrive.

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