Après son inauguration le 3 mai dernier, le Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba de la Cité de la Démocratie s'ouvre à la scène diplomatique africaine en accueillant depuis hier, la 17e Retraite de haut niveau de l'Union africaine (UA) sur la promotion de la paix, de la sécurité et de la stabilité en Afrique.
Placée sous le thème "Renforcer les cessez-le-feu, le dialogue national et la réconciliation pour une paix durable", cette rencontre constitue un cadre d'échanges et de réflexions sur les moyens de prévenir les conflits, renforcer les médiations africaines et consolider les processus de paix sur le continent.
Elle réunit des envoyés spéciaux et représentants permanents de l'UA, des membres du Groupe des sages, des représentants des Nations unies et des Communautés économiques régionales, ainsi que des experts en médiation et diplomatie préventive, aux côtés de plusieurs anciens chefs d'État africains.
Tout ce beau monde débat des cessez-le-feu dans les zones de conflit africaines, des mécanismes de dialogue national, de la réconciliation post-crise, du rôle des femmes et des jeunes dans les processus de paix, ainsi que du renforcement de la coopération entre l'UA et l'Onu et de la diplomatie préventive.
La cérémonie d'ouverture a donné le ton des travaux, avec plusieurs allocutions mettant en avant la nécessité d'une réponse africaine coordonnée face aux crises persistantes. De Bankole Adeoye, Commissaire aux Affaires politiques, à la Paix et à la Sécurité de l'UA, à Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l'UA, en passant par Nasir Aminu, président du Conseil de paix et de sécurité pour le mois de mai, et l'ambassadrice finlandaise, Sinikka Antila, autant d'intervenants qui ont axé leurs propos sur les défis de paix et de stabilité en Afrique.
Pour le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, recevoir à Libreville les principaux artisans de la prévention, de la médiation et de la consolidation de la paix revêt une signification particulière. Tant les défis auxquels le continent est confronté rappellent que la paix africaine ne peut être pensée durablement sans une responsabilité africaine pleinement assumée, portée par les institutions et nourrie par la solidarité entre États. Et d'estimer que cette rencontre doit permettre de renforcer la cohérence de l'action collective, d'améliorer la coordination entre les acteurs africains et internationaux et de promouvoir des réponses adaptées aux réalités du continent.
"Ce qui est attendu de nous n'est pas seulement la capacité de réagir aux crises, mais celle d'anticiper, de prévenir et de bâtir des mécanismes durables de confiance entre les États, les institutions et les peuples", a-t-il ajouté.
De son côté, le président de la Commission de l'UA, Mahmoud Ali Youssouf, a appelé à une prise de conscience face à la multiplication des crises sur le continent et à l'affaiblissement du système multilatéral international. Il estime que l'Afrique traverse une période marquée par l'instabilité politique, les conflits armés et les ingérences extérieures, dans un contexte mondial de plus en plus polarisé. Selon lui, les crises au Soudan, au Sahel, en RDC, en Libye ou encore dans la Corne de l'Afrique traduisent souvent des blocages similaires : refus du compromis, exclusion et volonté de domination.
La paix, souligne-t-il, ne relève pas uniquement des États ou des organisations régionales. "Elle est l'affaire de tous". chacun ayant une responsabilité individuelle et collective dans la construction de sociétés stables.
Les travaux se poursuivent et s'achèvent ce jour avec l'ambition, pour l'UA, de dégager des recommandations concrètes capables de renforcer durablement les efforts de paix sur le continent.
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