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Politique

Campagne électorale : la fièvre tarde à se répandre dans le pays

Comme ici à Makokou, la plupart des localités de l’intérieur du pays ne vibrent pas encore au rythme des meetings et autres causeries.

Comme ici à Makokou, la plupart des localités de l’intérieur du pays ne vibrent pas encore au rythme des meetings et autres causeries. © DR

"Terne, quelconque, ennuyeuse, sans relief, pas d'engouement". Ces mots traduisent le sentiment qui anime pas mal de citoyens au cinquième jour de la campagne électorale, ouverte samedi dernier sur toute l'étendue du territoire national. Une campagne pour le moins atypique qui tranche véritablement avec les standards habituels.

Dans la capitale gabonaise, en dehors des lieux de meetings ou de causeries, la frénésie n'est guère perceptible ailleurs. La fièvre électorale n’a peu ou prou envahi les quartiers. Les populations vaquent tranquillement à leurs occupations, convaincues sans doute de l'issue du scrutin. Point de débats animés autour de la présidentielle dans les lieux où les Gabonais se retrouvent habituellement pour évoquer l'état de leur Nation ou pour échanger sur l'actualité dans le monde.

À l’intérieur du pays, la situation est tout aussi morose. Dans certaines parties du pays, les choses ne devraient réellement démarrer qu'aujourd'hui. Et là encore, ce ne sont que les partisans de Brice Clotaire Oligui Nguema qui devraient se lancer dans la danse. Les représentants des sept autres candidats étant aux abonnés absents.

Conséquence : partout ailleurs dans l'hinterland, seule la présence visible des membres des Commissions électorales locales et les prestations de serment et autres séminaires à l'intention des représentants locaux de l'Autorité de contrôle des élections et du référendum (ACER) rappellent aux populations, la particularité de la période actuelle.

Comment pourrait-on l'expliquer ? À en croire plusieurs observateurs, la mise en retrait des formations politiques serait un facteur non négligeable. En l'état actuel, selon eux, ils ne peuvent se mettre ouvertement en branle pour booster la campagne.

À cela, il conviendrait de souligner, toujours selon eux, le manque de moyens de certains candidats, obligés d'utiliser avec parcimonie leurs ressources et de les maximiser là où ils estiment avoir de sérieuses chances de glaner des voix. Tout en mettant un accent particulier sur les réseaux sociaux et sans oublier le fait que l'intérieur du pays pâtirait lourdement de la verticalité de la prise de décision au sein des différentes équipes de campagne. En ce sens que rien ne se déciderait sans l'aval de Libreville. Et qu'il faudrait attendre les troupes venant de la capitale gabonaise pour mettre la machine en marche.

Une situation fâcheuse aux yeux de plusieurs habitants des localités de l’arrière-pays. Tant ils ont le sentiment d'être relégués au second plan, quand bien même leurs "frères et sœurs" en provenance de Libreville sont déconnectés des réalités locales.

Au milieu de tout ça, d'aucuns avancent que cette situation ne serait que la résultante d'une stratégie savamment élaborée par les partisans des différents candidats. Lesquels attendraient patiemment la deuxième semaine de campagne "pour tout dérouler et tout donner". Une dernière ligne droite au cours de laquelle, avancent-ils, "les électeurs doivent être particulièrement choyés".

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