Pour de nombreux agents publics, un acte administratif représente bien plus qu'un Me simple feuille dans un dossier. Il matérialise une étape de carrière, confirme un statut ou reconnaît une évolution professionnelle.
C’est autour de cette réalité que s’est tenue, hier, à Libreville, dans l'enceinte du ministère de la Fonction publique, la cérémonie de ventilation des actes de gestion des carrières, présidée par la ministre Laurence Ndong. La rencontre a marqué le passage du traitement administratif à la transmission des actes aux administrations concernées. Les documents ont été remis aux secrétaires généraux et aux directeurs centraux des Ressources humaines (DCRH) des différents ministères, chargés d'en assurer la distribution auprès des bénéficiaires.
Le volume se répartit entre 3 840 actes de recrutement, 8 196 de titularisation et d’avancement, 20 063 d’avancement et 694 de reclassement. Ces actes ne correspondent pas nécessairement au même nombre d’agents, un texte pouvant concerner plusieurs bénéficiaires. Derrière ces documents se trouvent des parcours professionnels parfois en décalage avec la situation administrative.
La régularisation vise à remettre en cohérence les décisions de carrière : entrée dans la Fonction publique, titularisation, progression ou reclassement.
Pour parvenir à cette première étape, le ministère s’est appuyé sur un travail engagé depuis plusieurs mois. En janvier, la coordination avec la direction centrale des Ressources humaines (DCRH) a été relancée. En avril, trois guichets uniques ont été organisés. De mai à août, les services ont poursuivi l’instruction et le contrôle des textes, avant leur codification, numérotation, numérisation et archivage.
La ministre a voulu donner à l’opération une portée qui dépasse le simple traitement des dossiers. « Cette opération massive de régularisation et de ventilation ne doit pas être regardée comme une action isolée, ni comme un simple exercice de rattrapage administratif », a-t-elle déclaré.
Pou r Laurence Ndong, cette démarche doit fonder une gestion moderne des ressources humaines. La refonte du système de gestion des ressources humaines et la numérisation des archives doivent accompagner le processus. Le projet de système de gestion des carrières et de ventilation des effectifs administratifs doit limiter les pertes, les doublons et les recherches manuelles, tout en assurant une traçabilité des actes de carrière.
« Derrière chaque acte administratif se trouvent la carrière d’un agent public et un droit qui doit être reconnu », a rappelé la ministre. Six principes doivent notamment guider cette transformation : l’équité, le droit, la traçabilité, la performance, la fiabilité des données et la continuité.
La cérémonie ne constitue qu’une étape.
Après la ventilation, les ministres doivent réceptionner les lots, organiser leur transmission et poursuivre la mise à disposition des actes. La réussite de l’opération dépendra de la circulation effective de l’acte jusqu’au service compétent et, autant que possible, jusqu’à son bénéficiaire.
Autre précision : la ventilation ne vaut pas, à elle seule, paiement immédiat d’un éventuel rappel. Une éventuelle incidence financière suit son propre circuit. L’objectif est double : résorber les retards hérités et éviter de nouveaux stocks. L’archivage physique, complété par le numérique, doit faciliter la recherche et sécuriser les données de carrière.
« Cette première phase traduit notre engagement à rendre la gestion des carrières plus régulière, plus sûre et plus proche des agents », a conclu Laurence Ndong.
Avec cette première ventilation, les actes quittent le circuit central pour rejoindre les administrations auxquelles ils sont destinés.
Reste à faire en sorte que cette chaîne, de la décision jusqu’à l’agent, fonctionne aujourd’hui sans rupture. Car au-delà des milliers de documents traités, c’est la reconnaissance effective des parcours et des droits des agents publics qui donnera sa pleine portée à l’opération.
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