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Chroniques

[Editorial] - SEEG : un complot ?

Lin-Joël Ndembet - Directeur de la Rédaction et Publication du Quotidien L'Union

Depuis plus de deux ans, la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) s’enfonce dans une série noire qui n’a plus rien du simple dysfonctionnement technique. Les pannes s’accumulent, les incidents se multiplient, et la gouvernance affiche désormais des failles béantes. Mais aujourd’hui, nous sommes à un tout autre niveau, celui du sabotage organisé, de la guerre occulte menée contre notre pays.

Alors que les pouvoirs publics injectent des milliards de francs CFA, multiplient les réformes et les audits pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être, les forces du mal redoublent d’ingéniosité. Incendies suspects, trafics en tous genres, pannes à répétition sur les installations… Et voilà que l’on frappe désormais au coeur du système, la plateforme Edan, ce logiciel qui permet à des milliers de clients d’acheter des unités pour éclairer leurs foyers et faire tourner leurs commerces, a été sciemment sabotée.

Une telle récurrence ne peut plus être le fruit du hasard. C’est un constat que la direction générale elle-même, à contre-coeur, a fini par reconnaître publiquement. Des agents et cadres sont entendus. Les mots sont lâchés. Sabotage, complot. Et derrière ce complot, une cible évidente : le président Oligui Nguema, mais aussi, par ricochet, le peuple gabonais.

Car les motivations, si elles ne sont pas encore toutes élucidées, ne manquent pas de raisons obscures. Dans cette entreprise, véritable vache à lait, les intérêts mafieux sont légion. Certains esprits malins, en interne comme en externe, voient leurs privilèges et intérêts menacés par les réformes en cours. Leur credo est de maintenir des pratiques déviantes, continuer à se servir, et entraver toute vision nouvelle pour le pays. Pour arme, il faut plonger la SEEG, déjà sous assistance respiratoire, dans un coma profond.

Ces saboteurs savent parfaitement ce qu’ils font. En asphyxiant délibérément une entreprise déjà moribonde, ils savent qu’ils frappent d’abord les plus vulnérables, notamment les familles privées d’électricité, les commerçants à l’arrêt, les hôpitaux et autres structures dans l’obscurité. Mais, leur calcul est plus pervers encore. En poussant les populations à bout, en les exposant aux délestages intempestifs, à vivre sans électricité, et aux coupures d’eau, ils espèrent provoquer la colère sociale, la rue, le chaos. Tout porte à croire qu'ils veulent faire payer au président Oligui Nguema une situation qu’ils entretiennent eux-mêmes.

Voilà le véritable danger. On n’est plus dans une simple panne technique, on est dans un acte de sabotage économique et social, un coup tordu contre la paix sociale. Face à ces forces obscures, l’heure n’est plus à la naïveté, il faut frapper fort, démasquer les commanditaires, les forces tapies dans l'ombre et faire payer ceux-là qui, pour préserver leurs acquis et intérêts, sont prêts à plonger tout un peuple dans la nuit. Alors face au complot qui est là, sous nos yeux, il ne s’agit plus de le subir, mais de le déjouer.

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