Pendant des années, nos dirigeants ont maintenu le litre de super à un prix bas, à forte valeur sociale, mais qui a englouti des dizaines de milliards de francs en subventions. Des ressources qui auraient pu servir à construire des routes, des écoles, des hôpitaux et à renforcer le socle social du pays.
Aujourd’hui, la réalité budgétaire, traduite par une réduction drastique de la subvention sur les produits pétroliers, impose une remise en ordre dans ce secteur. Et surtout, elle oblige à s’interroger sur la nécessité de relever le prix du carburant à la pompe pour soutenir les efforts de l’État. Une décision qui, naturellement, suscitera de vives réactions, des incompréhensions sur le choix et l’opportunité. Pourquoi maintenant, alors qu’en 2025, l’idée d’arrêter les subventions sur les produits pétroliers — et donc d’augmenter le litre à la pompe — n’avait guère prospéré ? Au nom de la paix sociale.
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En effet, confronté à cette suppression, le président Oligui Nguema, à peine au pouvoir, avait eu raison de renoncer à une suppression brutale. La raison, plus sociale qu’économique, découlait du sacro-saint principe de paix sociale autour duquel, des décennies durant, de nombreuses réformes et orientations parfois utiles ont été sacrifiées.
La question qui se pose aujourd’hui est simple : peut-on encore maintenir le pays dans un statu quo préjudiciable, avec pour principal argument la préservation du climat social ?
Dans le contexte actuel, nul ne peut oeuvrer contre la paix sociale. Mais il faut oser le dire : des choix sont nécessaires et urgents si rien n’est fait pour sortir le pays de l’ornière.
Sur ce point, nos dirigeants n’ont pas besoin de rompre l’accalmie sociale en prenant de mauvaises décisions. La première serait une augmentation brutale et aveugle. Il existe une part d’équilibre à trouver pour éviter que la rue ne gronde. L’autre mauvaise solution serait de ne rien faire, alors que la crise du gasoil de ces derniers jours peut se répéter et prendre, une nouvelle fois, plus d’ampleur.
Il faut donc nécessairement une solution courageuse, qui soulage et qui explique, dans la perspective d’une réduction de la subvention, où va l’argent économisé. Car si ces milliards sont retirés de la subvention, les Gabonais doivent savoir à quoi ils serviront, s’ils seront affectés à l’amélioration concrète de leur quotidien.
Ce n’est qu’au prix de ces explications, de ce courage de la vérité, que la hausse du carburant — qui ne doit pas être une punition — pourra devenir une forme de contrat : on paie un peu plus à la pompe, mais l'Etat s'emploie à éviter que le coût de la vie n'en pâtisse en prenant des mesures idoines.
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