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Faits divers & Justice

Crash de Gabon Express : 22 ans après, les familles toujours en quête de justice

Crash de Gabon Express

Le 8 juin 2004, un avion de la compagnie Gabon Express s’écrasait sur la plage de la Sablière, à Libreville, faisant 19 morts et 11 rescapés. 22 ans plus tard, les familles n’ont obtenu ni réparation ni décision judiciaire définitive. Chaque année, à la même date, l’association des victimes, représentée notamment par Maxime Obiang Nze et Chantal Otounga, renouvelle son appel aux autorités gabonaises pour que ce drame ne sombre pas dans l’oubli.

La procédure judiciaire, engagée peu après le crash, n’en finit pas de s’étirer. Selon les dernières informations transmises par leur avocat, Me Batsantsa, le dossier est en communication au parquet général de la Cour de cassation. Il devrait être inscrit à l’ordre du jour d’une audience de l’assemblée plénière, qui réunit l’ensemble des chambres, en vue d’une décision définitive attendue le 29 juin. L’avocat a par ailleurs clarifié un point sujet à confusion : l’existence de deux procédures distinctes, civile et pénale. Si le volet civil a progressé jusqu’en cassation, le volet pénal n’a toujours pas abouti. Me Batsantsa s’est engagé à le relancer dès la décision au civil rendue.

Une perspective que les familles accueillent avec prudence, tant les faux espoirs se sont accumulés au fil des années. "C’est toujours la même chose", résume sobrement Chantal Otounga, qui redoute que les vacances judiciaires ne viennent, une fois de plus, repousser l’échéance. Au-delà de la lenteur de la justice, la question des indemnisations reste entière. "Nous avons des enfants qui avaient un an à l’époque et qui sont aujourd’hui majeurs. Nous aurions souhaité qu’on nous accorde quelque chose pour pouvoir les aider", confie Chantal Otounga. Une génération a grandi dans l’ombre de ce deuil non réparé, sans que l’État gabonais n’ait versé la moindre compensation aux ayants droit.

Le chemin judiciaire a également été semé d’embûches humaines. Plusieurs avocats se sont succédé sur le dossier, parfois attirés par l’espoir d’un règlement rapide, avant de se retirer. Seul Me Batsantsa continue d’assurer la défense de l’association.

22 ans et 13 jours aujourd'hui après le drame, le message des victimes à l’État reste inchangé : reconnaître la responsabilité des autorités, indemniser dignement les familles, et laisser la justice suivre enfin son cours jusqu’à son terme.

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