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Sport

Sylvain Pangou Mbembo : "Nous avons joué avec ambition, foi, engagement et énergie"

Sylvain Pangou Mbembo, président de la fégahand

• L'UNION : Monsieur le président de la Fégahand, le Gabon termine cette CAN 2026 à la 9e place africaine, remportant au passage la Coupe du président de la CAHB et se qualifiant de fait pour la prochaine CAN en 2028. Quel regard portez-vous sur cette participation ?

-Sylvain Pangou Mbembo : Le premier bénéfice, c’est bien évidemment la qualification pour la CAN 2028. Au-delà du classement final, il faut surtout apprécier le comportement global de l’équipe et l’implication de chaque acteur. Les joueurs ont fait preuve de talent et de performance, tandis que l’encadrement technique a répondu aux exigences de la Confédération africaine de handball (CAHB). Dans l’ensemble, chacun a assumé pleinement son rôle et cela mérite d’être souligné.

Peut-on parler alors d’un bilan globalement satisfaisant au regard des objectifs initiaux de la fédération ?

-Notre bilan est satisfaisant, si l’on s’en tient strictement à la compétition. Vous conviendrez avec moi que la préparation a été quelque peu chaotique et que l’accompagnement logistique et financier laissait à désirer. Malgré cela, nous nous étions fixés a minima deux objectifs : nous qualifier pour la prochaine édition et améliorer notre classement par rapport à la CAN précédente. Ces objectifs ont été atteints. Globalement, nous sortons de cette CAN avec une satisfaction réelle.

Quels manquements ou insuffisances ont empêché le Gabon d’accéder au top 5 africain et de se qualifier pour le Mondial ?

-Nous étions dans une poule particulièrement relevée, avec l’Égypte, l’Angola et l’Ouganda. Face à l’Égypte, les Panthères ont démontré beaucoup de caractère. Contre l’Angola, je pense que la défaite était en grande partie liée à la fatigue et au manque de fraîcheur physique. Cela s’explique par une préparation courte et l’absence d’un championnat national régulier. Nos joueurs n’ont disposé que de moins d’un mois de préparation. Malgré cela, nous n’avons perdu que deux matchs sur cinq, ce qui reste honorable.

La victoire en Coupe du président est-elle, selon vous, un indicateur de progression ?

-Naturellement ! Elle démontre qu’avec peu de moyens, on peut obtenir des résultats. Nous avons joué avec ambition, foi, engagement et énergie. Les joueurs ont montré qu’il existait un véritable fond de jeu. L’entraîneur a su mettre en musique les qualités athlétiques et techniques de chacun pour construire une équipe cohérente. Au-delà des individualités, nous avons vu une équipe dynamique et solidaire.

Que manque-t-il aujourd’hui au handball gabonais pour rivaliser durablement avec les grandes nations africaines ?

-Il ne nous manque pas grand-chose. Les défaites se sont jouées sur des détails. Nous avons montré que le Gabon peut rivaliser. Techniquement et tactiquement, ils répondent présents. Mais un match se gagne aussi sur la stratégie et les ajustements opérés par le staff. Il nous faut un banc plus riche en expérience, en lecture du jeu et en capacité d’analyse pour mieux casser les systèmes adverses. Contre l’Égypte, par exemple, la défaite s’est jouée à quelques points, sur de petits détails et un manque de coaching à certains moments clés.

La CAN 2026 a été marquée par des dysfonctionnements organisationnels, notamment autour des primes et de la logistique. Que s’est-il réellement passé ?

-La CAN s’est déroulée en janvier, une période politiquement sensible . L e pays sortait des élections législatives et sénatoriales. Le gouvernement avait connu des changements, notamment au niveau du ministère des Sports. L’intérim en place n’avait pas accès à certains dossiers sensibles. Il a fallu attendre la mise en place d’un nouveau gouvernement et laisser au nouveau ministre le temps de s’approprier les dossiers. Par ailleurs, les nouvelles procédures de gestion des finances publiques ne sont pas toujours bien maîtrisées, ce qui a entraîné des retards. L’ensemble de ces facteurs explique la mise à disposition tardive des fonds. Les joueurs sont partiellement satisfaits. Cela dit, la tutelle s’est engagée à régulariser toute la situation.

Votre mandat arrive à une étape clé. Cette CAN 2026 influencera-t-elle votre vision de l’avenir à la tête de la fédération ?

-Forcément ! Il est impératif de rajeunir l’effectif et de mettre un accent particulier sur la formation. Notre ambition est de bâtir une politique solide autour des catégories juniors, cadets et seniors, aussi bien chez les garçons que chez les filles. C’est l’orientation majeure de notre mandat.

Le mot de fin...

-Tous les acteurs du handball gabonais sont des bénévoles : clubs, ligues et fédération. Nous sommes des compatriotes qui investissons notre énergie et parfois nos propres moyens pour faire vivre cette discipline. Notre objectif est d’attirer la jeunesse vers le sport, de l’éloigner des dérives et de lui transmettre les valeurs de l’olympisme. C’est avant tout une affaire de passion et d’engagement pour une jeunesse saine et responsable.

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