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Société & Culture

Santé sexuelle des jeunes : un spécialiste parle des facteurs multiples

Le psychologue Essono Aba’a, conseiller d’orientation et d’éducation au Collège et Lycée Sainte Marie de Libreville.

Au Gabon, selon des chiffres communiqués lors du dernier Conseil des ministres, 39% des élèves âgés de 13 à 17 ans déclarent avoir eu des rapports sexuels. Face à cette réalité, un psychologue, Albert Didier Essono Aba'a, par ailleurs conseiller d’orientation et d’éducation jeunesse aux Collège et Lycée Sainte Marie, tente d'éclairer la lanterne de l'opinion sur ce qui peut favoriser l'entrée précoce des adolescents dans la sexualité dans notre pays.

Selon lui, les facteurs sont divers et variés. Sur le plan familial, il cite "le manque de communication" entre les parents et leurs enfants sur les questions liées à la sexualité qui constitue un facteur important. Et le "caractère tabou" de ce sujet au sein de certaines familles, empêchant ainsi les adolescents d'obtenir des informations fiables et adaptées à leur âge. Il ajoute à cela, "la précarité économique", "l'insuffisance de l'encadrement parental" et certaines difficultés liées aux familles monoparentales ou recomposées.

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Au titre des facteurs sociaux et économiques qui jouent aussi un rôle non négligeable, il évoque "la pauvreté qui pousse certains adolescents à entretenir des rapports sexuels transactionnels en échange d'argent". Il pointe, à ce titre, "l'insuffisance de l'éducation à la sexualité", aussi bien à l'école qu'au sein de la famille.

Le spécialiste ajoute que la déscolarisation et l'échec scolaire peuvent également accentuer leur vulnérabilité. Il adjoint "l'influence des tiers, la curiosité propre à l'adolescence, la recherche d'identité et le besoin d'appartenance à un groupe", qui peuvent inciter certains jeunes à adopter des comportements pour lesquels ils ne sont pas toujours suffisamment préparés. Autre facteur adjuvant de cette dépravation, M. Essono Aba'a parle aussi de "l'exposition précoce à la pornographie, aux contenus diffusés sur les réseaux sociaux et à certaines représentations de la sexualité dans les médias et les clips musicaux". Il cite également la consommation d'alcool ou de drogue ; les sorties nocturnes, etc.

Sur le plan sanitaire, le psychologue parle des conséquences multiples : infections sexuellement transmissibles (IST), notamment le VIH/Sida ; grossesses précoces ou non désirées pouvant conduire certaines adolescentes à recourir à des avortements clandestins , susceptibles d'entraîner de graves complications ou la mort.

"La santé sexuelle des jeunes peut aussi se manifester, sur le plan scolaire, par la baisse des résultats, des absences répétées et, dans certains cas, l'abandon des études", a-t-il dit en substance. Non sans évoquer les conséquences sociales ayant pour appellations : stigmatisation, rejet familial, difficultés d'insertion et dépendance économique.

Et s'agissant des répercussions psychologues, il a parlé de culpabilité, de perte d'estime en soi, l'anxiété ou la dépression, particulièrement lorsque les rapports sexuels sont imposés ou subis sous la pression.

Alors que faut-il envisager ? Notre interlocuteur estime que le conseiller d'éducation et d'orientation peut jouer un rôle essentiel dans la sensibilisation et l'accompagnement des adolescents en renforçant l'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle en milieu scolaire et extra-scolaire, afin d'aider les jeunes à mieux comprendre leur corps, et à en savoir plus sur les moyens de prévention et les risques associés aux rapports sexuels précoces.

Et d'après lui, l'implication des parents demeure également indispensable. L'orateur pense que la création d'espace d'écoute et le développement de service de santé adaptés aux jeunes peuvent aider à mieux répondre à leurs préoccupations.

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