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Politique

Rentrée judiciaire : face à l’exigence de performance et d’éthique

Photo de famille à l’issue de la rentrée judiciaire 2026-2027 au Palais de justice de Libreville.

Au terme des vacances judiciaires, les Cours et Tribunaux ont effectué leur rentrée hier, sous l’autorité du président de la République et président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), Brice Clotaire Oligui Nguema. Une nouvelle année judiciaire qui s’ouvre avec un double impératif : améliorer les performances de l’institution tout en réaffirmant les exigences éthiques qui fondent l’office du juge.

Officiellement installé dans ses fonctions de premier président de la Cour des comptes, Pamphile Moussavou Ibouanga était le président de céans de cette audience solennelle, qui a marqué la clôture de l’année judiciaire 2025-2026 et l’ouverture de l’exercice 2026-2027.

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Dans son propos de circonstance, la procureure générale près la Cour des comptes, Isabelle Rashiwa-Mathé, a placé la réflexion au coeur de la mission première des juridictions : rendre la justice.

"La rentrée judiciaire constitue chaque année un moment de vérité pour nos institutions", a-t-elle déclaré, appelant à évaluer la capacité des magistrats à rendre une justice efficace, crédible et accessible. Mais pour la magistrate, la recherche de performance ne saurait se réduire à une course aux statistiques. "De quelles performances parlons-nous ?", a-t-elle interrogé, soulignant que l’absence d’outils de pilotage adaptés peut dégrader la performance globale des juridictions. "Une justice lente fragilise la confiance. Une justice approximative fragilise le droit. Une justice inefficace fragilise l’État lui-même", a-t-elle soutenu. L’enjeu consiste donc, selon elle, à rechercher l’efficacité sans dénaturer la fonction juridictionnelle. La performance doit rester orientée vers la sécurité juridique, la protection de la loi et la qualité du jugement. La confiance des justiciables ne pouvant être appréciée au seul regard des résultats, mais aussi à l’aune du droit, de la procédure et des garanties entourant l’office du juge.

Cette exigence vaut également pour ceux qui rendent la justice. Intégrité, impartialité, probité, dignité et indépendance doivent, selon Isabelle Rashiwa-Mathé, accompagner chaque décision. "Le magistrat doit exercer son office […] à l’abri de toute pression, de tout favoritisme et de tout arrangement intéressé", a-t-elle insisté. Une ligne revendiquée par le ministère public, dont "la place ne sera ni dans la complaisance, ni dans la convenance".

Les chiffres présentés lors de cette rentrée traduisent, eux, une activité judiciaire en nette progression. Depuis octobre 2025, les cinq juridictions ont enregistré 44 600 nouvelles procédures , contre 27 605 l’année précédente, soit une hausse de 61,48 %. Au 30 juin 2026, 53 149 affaires étaient pendantes, tandis que 36 670 avaient été traitées, contre 26 118 un an plus tôt, soit une progression de 28,69 %. Pour Pamphile Moussavou Ibouanga, ces données ne doivent toutefois pas masquer l’essentiel. "La justice ne saurait se limiter aux données statistiques", a-t-il relevé, appelant à faire de cette nouvelle année judiciaire celle de la restauration éthique et déontologique de la fonction juridictionnelle.

S’appuyant sur les conclusions du dernier Conseil de discipline et du CSM, le président de céans a appelé le corps judiciaire à réaffirmer la primauté du droit, l’intégrité, l’impartialité, la probité, la dignité et la loyauté. Une exigence qu’il inscrit dans le contexte de la Ve République.

"Que cette année judiciaire 2026-2027 soit celle du retour aux exigences de notre serment, de la rigueur dans l’exercice et de la confiance retrouvée des justiciables et du peuple gabonais", a-t-il conclu.

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