Etre candidat à une élection présidentielle n'a rien – mais alors pas du tout – d'un jeu. C'est peut-être ce que réalisent actuellement les différentes écuries participant à cette course de vitesse vers le Palais de la présidence.
Excepté Brice Clotaire Oligui Nguema, dont les équipes sont mobilisées partout dans la province du Moyen-Ogooué, aucun des sept autres candidats n'est visible sur le terrain. Aucune affiche, aucun portrait géant sur un panneau publicitaire, pis, aucune équipe de campagne ou coordination locale n'est présente.
Même le candidat Alain Boungoueres, qui avait pourtant rassemblé du monde à Bifoun samedi dernier lors de son meeting d'ouverture, n'a disposé aucune image de lui ni à Lambaréné ni à Ndjolé, encore moins à Makouké et dans les lacs. Il en est de même de sa concurrente Zenaba Gninga Chaning. Un seul meeting à Lambaréné, ensuite plus rien.
Il semble évident qu'une seule rencontre par province soit insuffisante quand on n'a pas de représentants ou une coordination dans la localité. C'est léger pour une population qui a soif de connaître, point par point, les projets de société de chaque prétendant au fauteuil présidentiel.
Organiser un seul rassemblement dans une ville, alors que la province en compte plusieurs autres ne permet pas au reste des habitants de la région d'avoir une idée claire du projets du candidat.
Négligence ou manque de moyens ? Pour bien conduire une campagne électorale, il est primordial de rassembler tous les moyens humains et matériels possibles. Il faut tout d'abord avoir un nombre important de personnes autour de soi. Il ne suffit pas de s'entourer d'une grande famille ou de fréquenter plusieurs amis et connaissances. Il ne s'agit pas, non plus, de bénéficier d'une popularité dans sa petite sphère pour prétendre au poste de chef de l'État. Et, surtout, il faut disposer des personnels pour faire le job dans de pareilles circonstances.
Ensuite, il y a le nerf de la guerre. Il est indispensable pour organiser et mobiliser du monde autour du candidat. De l'argent pour la logistique nécessaire qui permettra de faire connaître le candidat et son projet de société.
Or, jusqu'ici, rien ne va dans ce sens. Près d'une semaine après le début de la campagne dans le Moyen-Ogooué, il y a des candidats que beaucoup de migovéns ne connaissent ni de nom ni le visage. Encore moins une équipe de campagne ou un simple point focal faisant du porte-à-porte. Seuls les soutiens du candidat des Bâtisseurs se bougent d'une localité à l'autre. Les sept autres ne semblent en mouvement qu'à Libreville.
Ont-ils épuisé toutes leurs ressources financières en versant la caution de trente millions de francs exigée à chaque candidat ? S'improviser candidat à la présidentielle, c'est manquer de respect à un peuple qui espère des lendemains meilleurs.
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