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Politique

Présidentielle / Haut-Ogooué : une campagne sans grand relief à Moanda - Mounana

Dans l’arrière-pays, les rues sont désertes. Pas d’ambiance, ni d’affiches des candidats...

Dans l’arrière-pays, les rues sont désertes. Pas d’ambiance, ni d’affiches des candidats... © DR

Après près de deux ans de Transition, nous y voilà enfin : dans quelques jours, les Gabonais éliront démocratiquement leur prochain président. Depuis une semaine, la campagne est officiellement lancée. Les différents candidats et leurs équipes sillonnent le pays, multipliant meetings et rencontres pour séduire un maximum d’électeurs.

Cette élection, la première depuis le "coup de libération", est annoncée comme l’un des scrutins les plus attendus de l’histoire du Gabon. Du moins, c’est ce que l’on pourrait croire au regard du contexte. Mais, sur le terrain, l’enthousiasme peine à se manifester. Six jours après le début de la campagne présidentielle, l’ambiance diffère fortement selon les zones.

À Libreville et dans les chefs-lieux provinciaux, les meetings attirent des foules importantes, notamment ceux des Bâtisseurs. Mais à l'intérieur du pays, précisément dans les villes de Moanda, Mounana et Bakoumba la dynamique est bien différente.

Dans ces communes, l’intérêt pour la campagne semble limité. Les affiches électorales sont rares, les rassemblements politiques quasi inexistants et les démonstrations de force, absentes.

" J’ignore qui sont les candidats à l’élection présidentielle. Ici, rien ne laisse penser que nous sommes en période électorale. Pas d’affiches, pas de meetings. Comment voulez-vous que nous les connaissions s’ils ne viennent pas à notre rencontre ? " s’interroge Me Libama, habitante de Mounana, la cinquantaine révolue.

Dans cette commune située à une trentaine de kilomètres de Moanda, seuls le candidat des Bâtisseurs Brice Clotaire Oligui Nguema, ainsi qu'Alain-Claude Bilie-By-Nze et, dans une moindre mesure, Stéphane Germain Iloko Boussiengui, sont identifiés par la population. En revanche, les noms de Zenaba Gninga Chaning, Thierry Yvon Ngoma ou encore Joseph Lapensée Essingone restent inconnus pour une grande partie des habitants.

DÉFICIT •

Gustavo Oyamba, 45 ans, partage le même constat : " Je ne saurais mettre un visage sur les candidats en lice. En zone rurale, nous avons peu d’accès à l’actualité politique. On espérait voir les candidats en campagne, assister à des meetings, mais ils ne sont pas présents sur le terrain comme on l’aurait souhaité. "

Cette méconnaissance des acteurs en lice s’explique en grande partie par un déficit de communication et l’absence de certains candidats dans le Haut-Ogooué.

Contacté par téléphone, Thierry Yvon Ngoma, l’un des huit prétendants à la présidence, admet ces difficultés : " Je n’ai pas assez de moyens financiers et matériels pour battre campagne dans tout le pays. Je fais avec mes propres ressources. Et donc... "

Si cette tendance se maintient, le scrutin du 12 avril pourrait être marqué par une faible participation. L’absence des candidats sur le terrain pourrait profiter aux Bâtisseurs, qui ont déjà pris une longueur d’avance sur leurs adversaires. À l’inverse, elle pourrait aussi renforcer l’abstention, un phénomène de nature à peser sur la légitimité du futur président.

À une semaine du vote, la campagne électorale peine donc à mobiliser une large partie de l’électorat. Reste à voir si, dans la dernière ligne droite, les candidats parviendront à renverser la tendance.

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