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Économie

Poulet de chair : que va faire le Gabon ?

Poulet de chair

Le Conseil des ministres tenu le vendredi 18 septembre courant, à Port-Gentil, a évoqué le dossier lié au poulet de chair dont l'interdiction de l'importation devait entrer en vigueur dès le 1er janvier 2027. L'ambition derrière cette mesure adoptée en 2025 était de favoriser le développement local de la filière.

En somme, il s'agissait de réduire la dépendance structurelle du Gabon aux approvisionnements extérieurs, procurer un débouché protégé aux producteurs locaux, attirer les investissements dans la filière, créer des emplois et soutenir la souveraineté alimentaire. D'où les discussions avec des groupes des pays étrangers (Turquie, Guinée, Espagne), mais aussi le lancement, en mars dernier, d'une campagne de sélection de 150 fermes locales.

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L'on se remémore d'ailleurs la mission conduite par le ministre de l’Industrie et de la Transformation locale, Lubin Ntoutoume, à Não-Me-Toque au Brésil (8- 13 mars 2026), pour l’un des plus grands salons mondiaux de l’agro-industrie. L'objectif était de sceller des partenariats stratégiques pour accélérer la modernisation et l’industrialisation de la production de poulets de chair au Gabon.

À moins de quatre mois de l'entrée en vigeur de la mesure gouvernementale, un élément nouveau vient apparement contrarier la stratégie initiale. À la lecture du communiqué final ayant sanctionné sa réunion, l'Exécutif gabonais ne renonce pas à son ambition de développer la filière à l'échelle nationale.

Le Conseil des ministres a plutôt pris acte de l’interpellation du Gabon par les États-Unis d’Amérique au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). "Afin de prévenir tout contentieux commercial et de préserver les intérêts économiques du pays, le gouvernement élaborera une stratégie nationale fondée sur les exceptions prévues par les accords de l’OMC et sur la négociation diplomatique", a indiqué l'Exécutif.

Si le principe de la mondialisation est de nature à lutter contre toutes les formes de protectionnisme, le Gabon va néanmoins s'appuyer sur les "exceptions" contenues dans les accords de l'organisation internationale en charge des règles régissant le commerce entre les pays (lire ci-dessous). En même temps, l'on peut toujours s'interroger sur les raisons réelles de l'interpellation des Etats-Unis.

Le pays de l'Oncle Sam, avec 9 600 tonnes de viandes et abats de volaille en 2025, ne figure pas parmi les principaux exportateurs de ces produits vers le Gabon, comparativement au Brésil et à l'Union européenne. S'il n'a pas fourni d'informations sur les arguments avancés par Washington, le pouvoir de Libreville va donc engager des discussions avec son partenaire américain, avec la possibilité d'imposer des droits de douane aux produits importés.

Bien que leurs exportations ne soient pas au niveau de celles du Brésil et de l'Union européenne, les États-Unis ont quand même un intérêt économique direct au Gabon. Avec près de 12 millions de dollars (environ 69 milliards de FCFA) enregistrés l'an dernier.

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