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Chroniques

[Tribune des partis politiques] - Faux débat ?

Alix-Ida MUSSAVU-KOMBILA , journaliste à L'Union

La polémique enfle à mesure que le Gabon consolide son entrée dans la Ve République. Les débats se cristallisent autour d'une question : pourquoi retrouve-t-on, autour du chef de l'État Brice Clotaire Oligui Nguema, plusieurs anciens collaborateurs du président déchu, Ali Bongo Ondimba ? Alors que certains issus du Parti démocratique gabonais (PDG), ont désormais pour refuge l’Union démocratique des Bâtisseurs (UDB), l’affaire est entendue : “On ne fait pas du neuf avec du vieux”.

La question s'est d'ailleurs invitée lors de la dernière sortie du cabinet du président fondateur de l'UDB. Pour une partie de l'opinion, ces ralliements relèvent d’un opportunisme politique. On parle encore de “transhumance”, estimant que ces figures devraient faire profil bas d'autant plus que les garder dans les arcanes du pouvoir reviendrait à recycler les pratiques d’hier sous un habillage de rupture. Ici, le symbole est plus fort que les discours. Le changement promis ne pourrait être crédible si les visages, eux, restent familiers.

Mais gouverner un pays se résume-t-il à effacer des noms et à repartir d’une page blanche ? “L’administration, les compétences techniques, la connaissance des rouages de l’État ne disparaissent pas avec un régime”, dit-on. Faux débat alors ? Directeur de cabinet du président fondateur de l'UDB, Jean-Pierre Oyiba a invité à déplacer le regard. Pour l'UDB, qui rappelle que l'un de ses credos est "inclusion", collaborer avec l'actuel régime, relève d’abord d’un choix personnel et d’un engagement individuel. “Les choix politiques sont personnels parce que, en politique, on adhère à une vision, on suit un leader car un leader est celui qui porte le fardeau. Et celui qui porte le fardeau, n'est jamais seul”, a répondu Jean-Pierre Oyiba. Comme qui dirait, si le cap change, pourquoi interdire à ceux qui y adhèrent de s’y rallier ?

Reste que l’inquiétude d’une partie de l’opinion n’est pas sans fondement. Le problème n’est pas tant le passé des individus que la reproduction éventuelle des pratiques. Si les mêmes méthodes gouvernent, le soupçon de continuité prospérera. En revanche, si ces anciens cadres démontrent par les actes qu’ils s’inscrivent dans une gouvernance plus transparente, plus responsable et plus inclusive, leur parcours antérieur pourrait perdre de sa charge polémique.

Alors, faux débat ? Peut-être pas totalement. Mais sans doute un débat incomplet s’il se limite aux parcours individuels sans interroger le projet collectif. Il gagnerait à se concentrer sur la capacité du nouveau pouvoir à incarner, au-delà des ralliements, une rupture tangible au service du développement national.

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