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Sport

Me Alain Nziengui Iwangou : "Le sport n'est plus un jeu mais est devenu au fil des ans un enjeu majeur "

Me Alain Nziengui Iwangou, président de la Fédération Gabonaise de Self-Défense

L'Union . M. le président, vous avez participé au mois de décembre dernier à Hammamet (Tunisie) au Championnat d'Afrique de ju-jitsu. Un mois plus tard, que retenez-vous de cette compétition ?

-Me Alain Nziengui Iwangou : A Hammamet, en Tunisie, le Gabon était à sa deuxième participation à un Championnat d'Afrique. Nous avons, pour la première fois de notre histoire, obtenu trois médailles d'or, cinq médailles d'argent et huit médailles de bronze. Soit un total de seize médailles. Une première pour notre pays ! Occasion pour moi ici de remercier nos athlètes qui se sont battus avec bravoure. Et en ma qualité de président fédéral, j'estime avoir fait ma part. Il appartient désormais aux autorités de faire la leur. Car, parmi nos champions, il y a des étudiants et des sans-emploi qui ont besoin du soutien sans faille de l'État. Et notre souhait le plus ardent est de venir présenter au chef de l'État notre belle moisson.

À Hammamet, qu'est ce qui a fait la différence par rapport à l'édition précédente ?

-Lors de la précédente édition, nous avons engagé neuf athlètes. En Tunisie, nous étions seize compétiteurs. Là où les autres nations ont aligné 120 athlètes. La différence s'est faite sur le nombre de nos compétiteurs et sur le travail de préparation. Je profite de l'occasion pour remercier Me Wapacha pour avoir mis gracieusement à notre disposition durant plusieurs semaines sa salle de sport. Ce qui nous a permis de travailler en toute sérénité. Et c'est durant cette préparation que nous avons mis en place une stratégie de combat pour affronter nos adversaires en Tunisie.

Avec vos bons résultats, nous imaginons aisément le message que vous souhaitez faire passer à nos autorités…

-Mon message s'adresse particulièrement au président de la République : M. le président, nous devons mettre un accent particulier sur les sports de combat. Ce sont ces sports qui ont, le plus souvent, fait retentir La Concorde à l'étranger. Le Gabonais a des prédispositions naturelles pour performer. En plus, les dépenses ne sont pas énormes comme au football. En sport de combat, nous avons eu des champions d'Afrique et un vice-champion olympique. Ce qui n'est pas le cas au niveau des sports collectifs.

Quelles sont les retombées au niveau sportif des résultats de Hammamet ?

-Avec certains de nos médaillés, nous nous sommes qualifiés pour les prochains Championnats d'Afrique qui auront lieu en Algérie et pour les prochains Mondiaux d'Abu Dhabi. Ce qui demandera davantage de préparation et de stages. Et sans accompagnement de l'État, de nombreux champions risquent d'abandonner. Ce qui serait vraiment dommage !

Me Nziengui, sans véritables moyens, comment faites-vous pour vulgariser la discipline au niveau domestique ?

-Vous savez, voilà neuf ans que je règle sur ma cassette personnelle le loyer du siège fédéral. Soit 350 000 par mois. En plus du personnel. C'est une gageure ! Et pourtant le ministère des Sports dispose de bureaux libres au niveau du Palais des Sports pour loger les fédérations. Et pour répondre à votre question, sans subvention des pouvoirs publics, j'assume seul l'ensemble des charges liées à la vulgarisation et au développement de notre discipline au niveau domestique.

Pensez-vous que le sport gabonais soit en réel danger ?

-Le sport national est plus qu'en danger. Et ce depuis plusieurs années. Nous devons nous asseoir un jour et nous dire les vérités. Le problème aujourd'hui est que plusieurs dirigeants ont peur de dire la vérité aux responsables du ministère des Sports par crainte d'être sanctionnés. Nous savons les problèmes qui minent le sport de notre pays et nous savons également quelles sont les solutions. Mais personne ne veut véritablement s'engager vers la voie des solutions. Mais tout le monde regarde ! Au Gabon, il faut une politique de sport dynamique, efficace et efficiente. S'il n'y en a pas, vous pouvez déshabiller Pièrre pour habiller Paul , rien ne marchera. La preuve : nous avons toujours changé de ministre, pour quel résultat aujourd'hui ?

Concrètement, que proposez-vous pour donner un nouveau souffle au sport national ?

-Sur cette question, en qualité de concepteur sportif, j'ai ma petite idée que je compte transmettre aux autorités compétentes le moment venu. Au Gabon, nous avons toujours pensé que c'est le football qui fait le sport. Mais en réalité il n'en est rien ! Il faut repenser tout ça ! Pour la petite histoire, nous avons été reçus par la directrice générale des Sports avant notre départ pour la Tunisie. Je lui ai dit de nous faire confiance et qu'à notre retour, nous reviendrons avec des résultats. Et nous avons pris les paris et ça a marché pour nous.

On va conclure cet entretien, M. le président…

-Sous l'ère de la Ve République, le sport national doit rayonner. Le sport est un vecteur de développement. C'est même une arme diplomatique redoutable. Le sport n'est plus un jeu mais est devenu au fil des ans un enjeu majeur. Le sport fait bouger les lignes pour la jeunesse. Plusieurs pays pétroliers, à l'instar du Qatar, de l'Arabie saoudite, ont fait du sport une priorité malgré leurs réserves pétrolières. IIs ont massivement investi dans les infrastructures sportives, dans les championnats divers… Tout cela parce qu'ils savent que le sport est l'or d'aujourd'hui et de demain. Il nous faut une vision de développement claire. Des priorités bien définies pour avancer et faire des choix judicieux. Le président de la République a dit qu'il n'est plus question que le sport soit un simple divertissement. Engouffrons-nous dans cette brèche pour un sport national rayonnant.

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