Comment empêcher qu’un pouvoir concentre entre ses mains l’essentiel des leviers de l’État ? Dans l’émission de Gabon 1ere ''Mémoire d’une Nation'', l'ancienne présidente de la Cour constitutionnelle, Marie-Madeleine Mborantsuo, revient, entre autres, sur la volonté des constituants de rompre avec le monopartisme et d’instaurer un équilibre des pouvoirs.
Elle raconte les origines d’une institution pensée comme un contre-pouvoir. Les prémices de la justice constitutionnelle remontent à février 1959, avec la création d’un Conseil juridique chargé de protéger les libertés publiques et de contrôler la constitutionnalité des textes.
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Après l’indépendance, la Constitution de 1961 organise la Cour suprême en quatre Chambres, dont une constitutionnelle et une des comptes. Mais sous le monopartisme instauré en 1968, le contrôle des institutions demeure limité. La Conférence nationale de 1990 marque une rupture.
Représentante de l’Association des femmes juristes, Marie-Madeleine Mborantsuo participe aux travaux de la Commission des Institutions. L’objectif était de sortir du monopartisme et de bâtir un État de droit. "Il fallait une sorte de gendarme au-dessus de toutes les Institutions", explique-t-elle, rappelant la nécessité de faire en sorte que "le pouvoir puisse arrêter le pouvoir", selon Montesquieu.
La Constitution du 26 mars 1991 crée ainsi la Cour constitutionnelle, en remplacement du Conseil national de la démocratie. Elle est chargée de veiller au respect de la Loi fondamentale, à la séparation des pouvoirs et aux droits fondamentaux. À la clé, la nomination de neuf juges constitutionnels puis l'élection de Marie-Madeleine Mborantsuo à sa tête.
Son parcours témoigne aussi de sa contribution à la construction des institutions judiciaires. Intégrée dans la magistrature en 1979, elle fait partie des jeunes magistrats formés en France pour rendre opérationnelle la Chambre des comptes. Nommée à sa tête en juin 1983, elle rend cette juridiction opérationnelle avec trois collègues.
La réforme de 1994 transformera cette Chambre en Cour des comptes. Après trois décennies à la tête de la Cour constitutionnelle, Marie-Madeleine Mborantsuo quitte ses fonctions dans le sillage du "Coup de la Libération" de 2023.
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