L'union• Président du groupe parlementaire de l'Union démocratique des bâtisseurs (UDB), quel bilan faites-vous de la première session ordinaire du Parlement qui s'est achevée le 30 juin dernier ?
-Julien Florent Assoumou Akue : Permettez-moi tout d'abord de vous remercier pour l'opportunité que vous m'offrez de m'exprimer dans vos colonnes. Pour vous répondre, je vous dirais que cette première session ordinaire du Parlement de la Ve République a été toute particulière et l'on s'y attendait un peu. Les députés ont pleinement assumé leurs missions, en procédant à l'examen et à l'adoption de vingt-trois (23) des trente-trois (33) textes soumis à leur approbation, dont vingt-deux (22) ordonnances.
Avez-vous le sentiment que les préoccupations des populations ont été suffisamment prises en compte ?
-Sans hésitation, je vous répondrais que oui. Les textes ont été l'illustration de la volonté des pouvoirs publics de trouver des solutions aux préoccupations auxquelles sont confrontées quotidiennement les populations. C'est vous dire que contrairement à certaines idées reçues, les élus demeurent proches du peuple, à l'écoute de ses attentes et besoins.
Au cours de cette session, des projets de loi ont été rejetés. Comment expliquez-vous cette situation, quand on sait que l'UDB et ses alliés sont majoritaires au palais Léon-Mba ?
-Écoutez, la Ve République ne doit pas être un slogan ! Chaque institution doit pleinement jouer son rôle afin d'accompagner, en toute loyauté et responsabilité, le chef de l'État, Brice Clotaire Oligui Nguema, dans la conduite de la mission que lui a confiée le peuple gabonais le 12 avril 2025. Ceci pour dire que la majorité de l'UDB à l'Assemblée nationale, consciente de cette exigence, ne saurait tolérer certains écarts par rapport à des principes élémentaires. Nous nous devons d'être véritablement à la hauteur des enjeux de l'heure.
Un certain nombre de griefs ont été formulés à l'encontre du gouvernement, notamment sur l'usage abusif et inopportun des ordonnances ? Comment avez-vous apprécié cette situation ?
-Effectivement, nous avons quelque peu déploré la pléthore d’ordonnances. Lesquelles, comme vous le savez, devaient résulter d'une situation d'urgence, ce qui n'a pas été le cas. D'autant plus que certaines avaient été déposées au bureau de l'Assemblée nationale, dès le lendemain de l'ouverture de nos travaux. Sur les vingt-deux (22) ordonnances, plusieurs sont tombées en caducité. Face à cette situation, le président de notre institution, Michel Régis Onanga Ndiaye, lors de la clôture de la session le 30 juin dernier, a formulé une recommandation très forte, invitant le gouvernement à s'inscrire résolument dans une démarche d'efficacité et de respect des procédures en vigueur.
De même, de nombreux députés ont dénoncé le fait que plusieurs projets d'ordonnance étaient incomplets (absence de décret de nomination, absence de visa du Conseil d'État, absence de loi de ratification, etc.). Qu'en avez-vous pensé ?
-Comme je vous l'ai indiqué précédemment, nous nous devons d'agir avec rigueur, conformément aux dispositions légales en vigueur. Et ce principe doit s'appliquer à toutes les composantes du pays. Oui, plusieurs ordonnances comportaient des insuffisances. Et au risque de me répéter, les députés ont pris leurs responsabilités car certains principes ne sont pas négociables. La loi est dure, mais c'est la loi ! Nous devons nous y faire. Et cette posture n'est nullement politique. Cette approche patriotique, nous devons tous nous l'approprier pour l'atteinte de notre essor vers la félicité.
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Selon vous, que faudrait-il faire pour éviter de telles insuffisances à l'avenir ?
-À mon humble avis, s'appuyer sur la loi, rien que la loi avec toutes ses rigueurs. Sans exclure, tout naturellement, la consolidation de notre coopération avec l'exécutif à travers des séminaires d'échanges et des groupes de travail. Le tout, dans le strict respect du principe de la séparation des pouvoirs. Le Gabon est notre seul et unique pays. Ceux qui ont des responsabilités, de surcroît politiques, doivent véritablement oeuvrer à l'édification d'une République digne d'envie. Les Gabonais nous regardent, nous avons le devoir de ne pas les décevoir.
Sur un tout autre plan, votre formation politique a célébré son premier anniversaire le 5 juillet dernier. Que peut-on retenir ?
-La célébration du premier anniversaire de l'UDB a été un moment fort rempli de symboles, avec notamment l'annonce par le président fondateur, le compagnon Brice Clotaire Oligui Nguema, de la tenue en novembre prochain du premier congrès ordinaire de notre grande formation politique. Au-delà du caractère festif attaché à ce genre de célébration, nous avons jeté un regard rétrospectif sur le chemin parcouru par l'UDB en douze mois qui, dans la dynamique du plébiscite du 12 avril 2025, a emporté les élections législatives, locales et sénatoriales. En tout état de cause, l'UDB doit être le véhicule sans panne qui accompagne la mise en oeuvre de la vision de Brice Clotaire Oligui Nguema. C'est vous dire que le rendez-vous de novembre prochain revêt une importance toute particulière.
En tant que parlementaire, quel est votre sentiment sur la démarche du député français, Arnaud le Gall, qui a dénoncé récemment la gouvernance actuelle de notre pays ?
-Très franchement, je suis écoeuré par la survivance d'attitudes relevant d'une autre époque de la part de certaines personnalités politiques françaises qui ne changent pas de logiciel et vivant à des milliers de kilomètres du Gabon, prétendent connaître notre pays mieux que nous.
Depuis le 30 août 2023, le Gabon est en chantier. Les réalisations sont visibles, les Gabonais sont aux côtés du chef de l'État. Tout ceci pour dire que ce parlementaire français est malintentionné. Sa recherche de visibilité maladroite doit cacher, nous en sommes convaincus, d'autres objectifs. Le Gabon nouveau est en marche. Et rien ne saurait le faire dévier de la trajectoire initiée par Brice Clotaire Oligui Nguema. Qui aura droit à un accueil des plus chaleureux de la part de ses compatriotes vivant dans l'Hexagone lors de sa visite dans ce pays ce 20 juillet.
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