Chaque 24 janvier, la communauté internationale célèbre la Journée internationale de l’éducation. Instituée par l’Assemblée générale des Nations Unies, cette date vise à rappeler le rôle fondamental de l’éducation dans la promotion de la paix, du développement durable et de la cohésion sociale. Mais au Gabon, cette journée symbolique se déroule cette année dans un contexte particulièrement tendu, marqué par une crise profonde du système éducatif et une contestation syndicale persistante.
Loin des cérémonies festives et des discours protocolaires, les enseignants réunis au sein de la branche dite « dure » de SOS Éducation ont choisi de se retrouver en assemblée générale. Une AG qualifiée de « poilue » par ses organisateurs, tant les débats s’annoncent décisifs pour la suite du mouvement de grève qui secoue le secteur depuis plusieurs semaines. Un autre point s’est ajouté aux revendications : l’incarcération de deux leaders syndicaux de l’éducation, perçue par leurs pairs comme une atteinte grave aux libertés syndicales et au droit à la revendication.
Dans ces conditions, aucune célébration officielle n’est prévue. Sur l’ensemble du territoire national, les enseignants privilégient les assemblées générales, les concertations internes et les échanges francs sur l’avenir de leur corporation. Il s’agit non seulement de décider de la poursuite ou non de la grève, mais aussi de réfléchir plus largement à l’avenir de l’école gabonaise, à la revalorisation du métier d’enseignant et à la place réelle accordée à l’éducation dans les politiques publiques.
Cette Journée internationale de l’éducation prend ainsi, au Gabon, des allures de journée de mobilisation et de réflexion collective. Elle met en lumière les contradictions entre les engagements internationaux en faveur de l’éducation et la réalité vécue sur le terrain par les acteurs du système éducatif. Pour beaucoup d’enseignants, célébrer l’éducation sans résoudre les crises structurelles, administratives et sociales qui minent le secteur relèverait de l’hypocrisie.
En définitive, le 24 janvier 2026 restera moins comme une fête que comme un moment de vérité, où la communauté éducative gabonaise interpelle les pouvoirs publics sur l’urgence de restaurer le dialogue, la confiance et la dignité autour de l’école, pilier essentiel de l’avenir national.
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