Il est un peu plus de 7 heures, ce matin du 23 juillet, lorsque nous arrivons au siège du nouveau tribunal de première instance de Libreville.
Devant les bureaux des greffes "Successions 1 et 2", le couloir est déjà noir de monde. Plusieurs usagers rencontrés sur place affirment être arrivés dès 6 heures, dans l’espoir d’être reçus parmi les premiers et de reprendre rapidement leurs occupations. Personnes âgées, hommes et femmes encore en activité, jeunes, parents accompagnés de leurs enfants : tous patientent, convocation en main, devant des bureaux encore fermés.
Les minutes s’égrènent, puis les heures. Ce n’est qu’aux environs de 9 h 30 que les premiers usagers commencent à être reçus. Entre-temps, la foule n’a cessé de grossir, rendant le couloir de plus en plus étroit et difficilement accessible.
Face à cette affluence, les conditions d’accueil apparaissent rapidement insuffisantes. Trois longs bancs en bois installés dans le couloir constituent les seules places assises disponibles. Très vite occupés par les premiers arrivés, ils ne suffisent pas à accueillir l’ensemble des usagers convoqués, dont la majorité est contrainte de rester debout durant de longues heures.
Parmi eux, une dame attire particulièrement l’attention. Venue pour une affaire de succession, elle se plaint de fortes douleurs au dos, conséquences de quatre interventions chirurgicales. Incapable de supporter une posture debout prolongée, elle peine à tenir. Touchée par son état, une usagère, pourtant plus âgée, lui propose d’alterner l’utilisation du seul fauteuil disponible afin que chacune puisse souffler de temps en temps. Un geste de solidarité qui contraste avec le manque de places adaptées.
Autour d’elles, on dénombre aussi des personnes âgées, des femmes enceintes et des usagers souffrant de diverses pathologies, qui finissent en partie par s’asseoir à même le sol. D'autres s’appuyant contre les murs.
À cette longue attente s’ajoute le manque de commodités. Les toilettes restent fermées à clé, faute d’eau, selon les explications données sur place. Aucune fontaine n’est installée dans le hall pour permettre aux usagers de se désaltérer, alors que beaucoup passent plusieurs heures dans les locaux.
Lorsque les greffiers commencent finalement à recevoir les dossiers, une autre difficulté apparaît. Les convocations sont récupérées sans véritable prise en compte de l’ordre d’arrivée. Toute chose provoquant incompréhensions et frustrations. Quelques minutes plus tard, les agents annoncent ne plus pouvoir recevoir d’autres usagers. Une nouvelle attente commence.
Mais le parcours du combattant n’est pas terminé. Après le passage au greffe, les usagers sont dirigés vers le bureau du juge pour une seconde étape. Là encore, les mêmes conditions se reproduisent : couloir bondé, manque de places assises et attente prolongée avant d’être finalement appelés.
De 7 heures à presque 14 heures. Soit près de 7 heures : c'est la durée d'un calvaire vécu par plusieurs usagers dans les couloirs des greffes de successions au nouveau tribunal de première instance de Libreville.
Une torture psychique, qui renvoie à une réalité : l’insuffisance des commodités dans nos administrations pour recevoir dignement les usagers.
random pub
