L’affaire de dame Jeanine a choqué l’opinion. Cette mère gabonaise de 40 ans aurait passé trois longues semaines retenue dans une structure hospitalière du “Grand Libreville” avec son bébé d’à peine un an, pour n'avoir pu régler une facture dépassant les 7 millions de FCFA.
Bien plus qu’un simple problème de recouvrement de créances, derrière ce drame humain se cache une question fondamentale : celle de la responsabilité de notre système de santé.
Des informations relayées, l’enfant aurait été orienté vers une clinique privée en raison de l’insuffisance du plateau technique d’un établissement public. La mère et l'enfant se retrouvent donc là non par choix au regard des coûts exorbitants, mais par contrainte.
C'est l'instinct de survie, car lorsque le service public n’est plus en mesure d’assurer certaines prises en charge, les citoyens n'ont d'autre choix que de se tourner vers des structures sanitaires dont les tarifs échappent souvent à leurs capacités financières.
Au Gabon, les cotisations à l’assurance maladie sont obligatoires pour de nombreux travailleurs. La question est donc la suivante : à quoi sert un système de protection sociale si, au moment critique, les familles se retrouvent seules face à des factures insurmontables ?
La clinique privée est en droit de réclamer le paiement de ses prestations. Nul ne le conteste ! Mais dans un État de droit, le recouvrement d’une dette obéit à des procédures. Retenir une mère et son nourrisson dans une chambre d’hôpital ne saurait constituer un mode de paiement légal. Cette affaire interpelle aussi sur le respect des libertés fondamentales. Si les faits sont avérés, nous ne sommes plus seulement face à une détresse sociale, mais face à une situation pouvant avoir des implications pénales. Le sort réservé à un nourrisson de moins de 15 mois rend la question encore plus sensible. D'où l’émotion. Sinon l’électrochoc.
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