Les chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac) vont se réunir dans un peu plus de vingt-quatre heures, ce 22 janvier précisément, à Brazzaville, capitale de la République du Congo, ceci dans un contexte de fortes tensions économiques et financières.
Convoqué à l’initiative du président congolais Denis Sassou Nguesso, président en exercice de la Conférence des chefs d’État, ce sommet extraordinaire apparaît comme une tentative de réponse politique urgente face au risque croissant d’un choc monétaire attendu dès le premier trimestre de 2026.
Au coeur de cette rencontre figure la question sensible de la soutenabilité financière de la zone. Les importantes échéances de la dette extérieure attendues dès janvier, combinées à l’érosion rapide des réserves de change, font peser une pression inédite sur la stabilité du franc CFA. Si l’ensemble des États honoraient simultanément leurs engagements extérieurs, la capacité de la BEAC à garantir la convertibilité de la monnaie commune pourrait être sérieusement mise à l’épreuve, selon des spécialistes de la question.
Les discussions porteront également sur des arbitrages stratégiques, notamment le respect des critères de convergence, la coordination des politiques budgétaires et le retour éventuel à des programmes avec le FMI, aujourd’hui absents dans la majorité des pays de la zone.
L'autre dossier sensible sera la domiciliation, à la BEAC, des Fonds de restauration des sites des compagnies extractives, présentée comme un levier potentiel de renforcement des réserves, mais source de tensions avec les multinationales et certains partenaires internationaux.
C’est dire qu’à Brazzaville, les dirigeants des pays de la Cémac feront face à un enjeu décisif : ils doivent prévenir une crise monétaire majeure, dix ans après celle de 2016.
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