Réunis en session extraordinaire hier à Kintélé, en République du Congo, les chefs d’État de la Cémac ont pris la mesure de la gravité de la situation économique, monétaire et financière que traverse la sous-région. Dans un contexte marqué par des perspectives macroéconomiques peu reluisantes, la conférence s’est achevée sur une série de recommandations.
Face à ce tableau préoccupant, le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, a insisté sur la nécessité de mettre en oeuvre des mesures d’urgence et vigoureuses afin d’assurer le redressement des économies de la zone. Les chefs d’État ont entériné cette analyse et exhorté les pays membres, à garantir une meilleure cohérence entre les lois de finances nationales et leurs engagements internationaux, notamment avec le FMI. L’objectif est d’assurer la soutenabilité de la dette publique et de renforcer la position extérieure de la Cémac.
Plusieurs axes structurants ont été retenus. Il s’agit notamment de négocier, conclure ou poursuivre les programmes économiques et financiers avec le FMI, améliorer la transparence budgétaire par la publication mensuelle du tableau des opérations financières de l’État, accélérer la mise en place des comptes uniques du Trésor ainsi que la digitalisation des finances publiques, préserver l’indépendance de la BEAC, renforcer le rôle de la Cobac et rapatrier dans la zone Cémac les avoirs détenus à l’étranger.
Les États sont appelés à finaliser les négociations avec les industries extractives pour le rapatriement des fonds de restauration des sites pétroliers, tout en assainissant le secteur bancaire par une réduction de l’exposition des banques aux risques souverains. Si les travaux se sont déroulés dans un climat de sérénité et de compréhension mutuelle, un constat s’est imposé : le redressement de la Cémac passe désormais par des actions concrètes et immédiates dans chaque État membre.
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