Pas question de se laisser abattre. J+1 après le jugement choc contre Marine Le Pen, le RN organisait hier la contre-offensive politique et médiatique en prenant l'opinion à témoin, et en exigeant un procès en appel suffisamment rapide pour espérer maintenir sa candidature à la présidentielle.
Jordan Bardella, Louis Aliot, Sébastien Chenu, Marion Maréchal... pontes du parti et soutiens de la cheffe de file ont ainsi défilé en nombre sur les plateaux des médias dès le matin.
Le président du RN avait d'emblée prévenu sur X qu'il irait sur Cnews/Europe 1 dénoncer un "scandale démocratique", après la condamnation de Marine Le Pen à une peine immédiate de cinq ans d'inéligibilité dans l'affaire des assistants parlementaires européens RN.
Une décision qui, à ce stade, l'empêche de concourir à la présidentielle 2027. Les fidèles de la patronne s'attachant, eux, à ne pas alimenter l'hypothèse d'un renoncement de la candidate. Lui-même dauphin sur le papier, Jordan Bardella n'a pas manqué d'accompagner son message d'une photo le montrant en train d'enlacer Marine Le Pen.
"Je ne vais pas me laisser éliminer ainsi", avait martelé la veille la députée du Pas-de-Calais, mettant sur la table une exigence qui devrait se retrouver dans toutes les prises de paroles du parti lepéniste : une audience en appel rapide, espérant qu'une décision plus clémente lui permette d'être sur la ligne de départ en 2027.
La question est au cœur de l'avenir politique de Marine Le Pen, mais les délais habituels de la justice ne semblent pas de nature à éclaircir son horizon. Le procès en appel ne devrait pas se tenir, au minimum, avant un an, avec une décision plusieurs semaines plus tard, soit pas avant la fin 2026, à quelques mois de la présidentielle. Et sans garantie que la Cour d'appel rende une décision différente de celle du tribunal. Vingt-trois autres personnes ont été condamnées, ainsi que le FN devenu RN.
Une décision critiquée à l'étranger par le Kremlin, la Hongrie ou encore l'administration de Donald Trump. Elle a aussi clivé la classe politique française. Pour Jean-Luc Mélenchon (LFI), "la décision de destituer un élu devrait revenir au peuple". Laurent Wauquiez (LR) a regretté "une décision très lourde", un fait "pas très sain dans une démocratie".
Ecologistes, socialistes et communistes ont eux appelé au respect de la décision. "Nul n'est au-dessus des lois, pas même ceux qui aspirent à la plus haute fonction de l'Etat", a déclaré le PS, lançant sa propre pétition pour "défendre la justice".
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